lundi 26 mai 2014

Désolé...( la vérité sur le résultat des élections européennes).

J'étais pourtant pétris de bonnes intentions. Dimanche matin, après des semaines de mûres réflexions, j'avais décidé pour la première fois de voter pour une liste P.S. Pourquoi ?

D'abord par esprit de contradiction. On sentait bien venir la grande défaite du parti présidentiel. Alors, histoire de ne pas faire comme tout le monde, mon bulletin irai pour la rue de Solferino.

Ensuite, parce qu'il m'est apparu que le désastre est désormais inévitable. Ce n'est plus qu'une question de temps et de manière. Autant hâter cette échéance désagréable et faire en sorte  que la période  qui nous en sépare soit la plus drôle possible. Vu sous cet angle, je n'ai pas trouvé mieux que le P.S.

Il nous précipite dans le mur à une vitesse psychédélique, et me fait bien rire depuis longtemps, surtout depuis deux ans. Il a donc tout mon soutien.

Hélas, mille fois hélas, ma commune pratique le vote électronique. Et bien sûr...nul en informatique...plus de trente listes...déjeuner bien arrosé...hésitations pour trouver la bonne liste...le président du bureau qui me presse...mon doigt glisse...

Je me suis trompé. C'est ballot.

J'ai réalisé les conséquences funestes de mon erreur à 20h00 à l'annonce des résultats. Je me réjouissais de voir les bouilles hilares des caciques socialos-écolos à leur victoires dues à mon vote en leur faveur. Et ce fut le contraire.

Ah zut, zut, zut. Tout est de ma faute.

Ca ne me console pas de savoir que nous sommes nombreux à nous être trompés. Vraiment, je n'en loupe pas une.

Désolé.


mercredi 5 mars 2014

Français de .....





Deux récents épisodes médiatiques viennent de remettre un court instant sur le devant de la scène la question de la place qu’occupent les « français de souche » en France. A n’en pas douter, on ne parlera plus de ce sujet pendant longtemps, puisque la pensée dominante ne l’apprécie guère. Alors, j’en profite pour exprimer quelques modestes réflexions. 

On passera rapidement sur les faits eux-mêmes, qui ont été rapportés et commentés moulte fois dans la presse et sur internet. Lors d’une émission télévisée consacrée au ministre de l’Intérieur, Alain Finkielkraut a évoqué l’existence de « français de souche qu’il ne faudrait pas oublier». Il s’en est suivi une plainte portée par deux membres du parti socialiste à l’instance compétente.  A l’occasion de l’émission « On n’est pas couché » du 3 mars, Denis Tillinac a employé cette même expression, vertement critiqué par ses interviouveurs  Aymeric  Caron et Laurent Ruquier,  puis tancé par un rappeur invité dont je n’ai pas retenu le nom.

Ces incidents soulèvent des interrogations très nombreuses, et je n’aurais pas la prétention de les épuiser toutes. Je me contenterais de n’en aborder que certaines d’entres elles.

Aymeric Caron, prophète irrité et sociologue pointilleux, demandait à Denis Tillinac, en forme de piège, comment se définit un français de souche. Il sous-entendait, bien entendu, que faute d’une définition précise et juste, l’invocation de cette notion ne saurait se justifier. L’argument est fort discutable. 

En effet, il est tout à fait envisageable de parler de choses mal définies, je dirais même que nous le faisons multi-quotidiennement, sans gêne excessive. Le monde universitaire, lui-même féru à juste titre de définitions rigoureuses et de typologies pertinentes, se heurte à des difficultés sans noms, et produit  des débats homériques sur ce genre de sujets, ce qui ne l’empêche pas de développer théories et raisonnements (dont certaines, oh surprise, s’avèrent justes). 

D’ailleurs, on apprécie bien la rigueur, mais on l’apprécie encore plus lorsqu’elle prétend s’appliquer partout. Or, on observe, pour ne prendre que cet exemple, que les marxistes eux-mêmes, on renoncé à définir la notion de classe sociale, (que soit dit en passant Marx lui-même s’était bien gardé de définir) base de leur dialectique. Ca ne les empêche pas de nous bassiner depuis un siècle avec la lutte des classes, et tutti quanti.

Cet argument théorique étant donc évacué, venons-en à la pratique : est-il si difficile que cela de définir un français de souche ? oui, en un sens, car ce n’est pas dans la tradition française, il est assez désagréable de le faire ( c’est d’ailleurs en cela qu’il s’agit d’un piège caronesque) et  la question en elle-même aurait d’ailleurs parue totalement incongrue il y a seulement vingt ans. De fait, puisqu’il faudrait parait-il répondre, une  solution simple me semble figurer dans l’esprit de celui qui la pose. Puisqu’il n’a de cesse d’évoquer les « français issus de l’immigration », notion pas plus définie que la précédente d’ailleurs,  le "français de souche" est donc celui qui n’est pas issu de l’immigration. 

Et l’on en vient à la première question de fond, exprimée par les contradicteurs de Finkielkraut et Tillinac : existe-t-il un français non issu de l’immigration?

Et bien, à la grande surprise d’Aymeric Caron et du rappeur dont j’ai oublié le blase, je réponds sans ambage : oui. Pourquoi ? Parce que votre serviteur en est un. Qu’est-ce qui me permet de l’affirmer ? Les travaux généalogiques qui démontrent qu’aucun de mes ancêtres, jusqu’au 17 ième siècle au moins, n’est d’origine étrangère. 

Or ce cas personnel n’est en rien original, il n’est en rien intéressant, et je suis persuadé du reste qu’il se confond avec celui d’une proportion majoritaire des français actuels.Il n’y a évidemment aucune fierté, ni aucune honte, ni aucune conclusion politique  à l’observer : c’est un simple fait. Quant à devoir l’exprimer, comme c’est le cas dans ces lignes, je n’en vois l’utilité que  du seul fait des interrogations de ceux qui prétendent qu’un français de souche, « ça n’existe pas ». Mais vraiment, fallait-il devoir aller jusque là ?

Puisque donc  cette simple réalité est obstinément niée, on vient à se poser une autre question : un français non-issu de l’immigration existe-il, est-il sensé exister ?

Puisqu’il serait interdit  de prononcer le mot, puisqu’il faut nier la chose, c’est donc qu’il y a un  impératif à l’escamoter.  Aux yeux des contradicteurs de Finkielkraut et Tillinac, elle doit disparaître d’abord des discours, puis sans doute après de la réalité. Quoique consistant le passé de notre pays, son présent très majoritairement, et espérons-le encore son avenir, le français non-issu de l’immigration n’a pas sa place dans l’espace politique, médiatique, journalistique, et littéraire. Dans notre monde moderne, il n’existe donc  pas. Certains s’en réjouiront : votre serviteur  n’existe pas !

Alors, la partie du peuple  français qui n’a pas l’heur d’avoir des ancêtres étrangers  (pour paraphraser grossièrement Bossuet)  n’est  plus qu’un cadavre, non, pas même un cadavre, mais un je ne sais quoi qui n'a de nom dans aucune langue. Français de ….








jeudi 9 janvier 2014

Des vœux pour 2014 : passéiste pride.









Il est encore temps de souhaiter à tous les lecteurs de Sécession Intérieure une excellente nouvelle année, qu’elle puisse en dépit des vicissitudes du temps présent, lui apporter bonheur, santé et prospérité.

Cette période est propice à cette tradition des vœux, aux bonnes résolutions et au bilan de l’année passée. Elle est l’occasion principale de mesure du temps qui passe avec une valeur plus universelle que les anniversaires. Ceux d’entre-nous qui émargent  sur cette « bonne vieille terre » (comme dirait le capitaine Haddock) depuis un certains temps, ne peuvent se retenir de regarder en arrière plus volontiers que vers le futur.

Il en est  qui inclinent à cette disposition d’esprit  tous les jours de l’année. Ils sourient à leur passé réel ou fantasmé. Ils apprécient les neiges d’antan davantage que le soleil d’aujourd’hui. Ils hument avec envie les senteurs d’autrefois qu’ils préfèrent aux effluves contemporaines. Leurs souvenirs leurs sont chers et ils ne voient le présent qu’avec indifférence et l’avenir qu’avec méfiance. Ceux-là sont les maudits du monde post-moderne.

L’idée de progrès historique, pièce capitale de la pensée dominante,  s’est ancrée dans l'esprit du temps. Sa conséquence est implacable : puisqu’aujourd’hui est nécessairement mieux que jadis, c’est que naguère était moins bien qu’aujourd’hui. En niant cette évidence, les admirateurs du passé s’égarent donc et cèdent à la facilité des « hiers » qui chantent. La pensée de l’homme doté d'un rétroviseur s'en trouve réduite  au  « tout fout le camp ». Il est donc un dément, ou un sombre réactionnaire, l’un n’excluant évidemment pas l’autre. Il n’a pas sa place dans le monde post-historique  que décrivait Philippe Muray.

Et pourtant, force est de reconnaitre que la tendresse pour les temps révolus n’est pas une attitude dénuée de sens. Elle porte naturellement à la connaissance historique dont il n’est pas utile ici de ressasser la nécessité. Elle est tout aussi spontanément un moyen de respecter ses ancêtres, plutôt que de les considérer comme des imbéciles, des oppresseurs ou des opprimés, ce qui ouvre la voie à des lendemains  plus sereins. Elle autorise la « mise en perspective » des questions d’aujourd’hui  avec une pertinence beaucoup plus fine que les soubresauts hiératiques des chaînes d’information permanente, les débats  télévisés ou l'opinions du premier "people" venu.  

L’esprit critique prend ses racines dans l’histoire, et j’ose le dire, dans le passéisme. 

La nostalgie pour les temps passés n’est donc pas une attitude facile, ou stupide, ou vaine, ou stérile, comme  nos amis du Côté Obscur voudraient nous le faire accroire. Elle est la condition exigeante d’un avenir aussi acceptable que possible.

Alors, si vous aussi vous vous sentez passéistes, soyez-en fiers, morbleu !

Vive 2014 !

mardi 24 décembre 2013

jeudi 28 novembre 2013

Le Sud





Afin de rompre avec la froidure et la grisaille qui submergent  peu à peu la métropole, je vous propose une série de billets consacrée à des sujets chauds et ensoleillés. 

Et d’abord, en guise d’introduction, voici une évocation d'une chanson populaire : le Sud, de Nino Ferrer. Je ne voudrais pas tout rapporter à la politique mais je suis persuadé depuis longtemps qu’il s’agit d’un texte  d'esprit bien réactionnaire.

J’entends les objections : Nino Ferrer était plutôt à gauche, il se disait lui-même influencé par mai 68, il défendait le Larzac au bon vieux temps, cette chanson célèbre une ambiance géographique,  quel rapport avec la  politique, et puis quel intérêt d’analyser sous cet angle un tube rassembleur, et puis, et puis, etc... 

Certes, certes. Explications.

Un texte échappe parfois à son auteur. C’est le cas de celui-là. 




«C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie, ...»

La Louisiane ne ressemble pas à l’Italie, sauf le soleil, et encore. 

Nino Ferrer a passé les premières années de sa vie en Nouvelle-Calédonie, où son père était ingénieur dans les mines de nickel. A-t-il écrit en pensant à ce territoire d’outre-mer ? peut-être, mais il est permis d’en douter. Le savait-il d’ailleurs lui-même ?

Il en résulte que «Le Sud» est un fantasme et non un endroit précis. Il s’agit d’un rêve de bonheur terrestre que l’on souhaite chaud, lumineux, familial, stable et à durée indéterminée. 

«Il y a des enfants qui se roulent sur la pelouse»

«Le temps dure  dure longtemps

Et la vie sûrement plus d’un million d’années

et toujours en été»

Mais voilà : une telle félicité est menacée, par ceux qui veulent que ce scandale cesse. A leurs yeux, il est indispensable de changer. C'est le progrès. C'est dommage, mais c'est ainsi. Le Sud a raté son coup. Le Sud a perdu d'avance. Il ne peut y avoir de rédemption. Il est condamné.

Mais il va se battre, morbleu,  c'est inutile, mais tant qu'à finir, autant le faire en beauté.


«Un jour ou l’autre, il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien...

On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire...

On dit c’est le destin, tant pis pour le Sud, c’était pourtant bien»

Finalement, le bonheur perdu, l'inéluctabilité du destin, tel que nous le réserve la Divine Providence : voilà le thème de cette chanson. Il ne sert à rien de s'agiter en s'imaginant améliorer ce qui ne peut l'être. L'Ordre bienfaisant n'a pas d'avenir.

On retrouve tous ces sujets abordés par le même auteur dans un autre texte " La maison près de la fontaine", abordé sous un angle plus "écolo", comme on dirait aujourd'hui, mais qui pourrait passer pour un retour à la terre qui rappelle les heures les plus noires de notre histoire. 

"L'automne, l'enfance, l'éternité…

On allait à la pêche aux écrevisses avec monsieur le curé

La maison a disparu, ça sent l'hydrogène sulfuré, la société, 

c'est pas si mal, c'est normal, c'est le progrès" 

Nino Ferrer s'est suicidé le 13 août 1998, à Montcuq dans le Lot.



N.B.

Une confidence : ma chanson préférée de Nino Ferrer n'est pas le Sud. C'est La Rua Madureira. Vous ne connaissez pas ? courez l'écouter.




mardi 5 novembre 2013

L'art français du rugby.






France 100, Nouvelle-Zélande 0.

Tel est mon pronostic pour le match de samedi soir.

Je sais bien qu’il s'est créé une inclinaison d’esprit dans le monde du rugby au terme de laquelle la victoire devrait de plein droit revenir à la Nouvelle-Zélande dans ses confrontations avec le XV de France. Et pourtant s’il est bien un sport qui correspond à l’art français de la vie, c’est celui-là. Rien ne m’en fera démordre. Je le démontre.

Je m’adresse à ceux ou celles qui sont les moins proches de l’ovalie : savez-vous ce qui caractérise ce sport? et bien ce n’est ni la forme du ballon, ni l’éponge magique, ni la hauteur des poteaux. Non. C’est la prohibition de la passe en-avant, et son corollaire, le hors jeu qui empêche au co-équipier du porteur de ballon de se situer devant lui. 


De cette règle d’apparence ésotérique découle que toute l’équipe se trouve derrière le porteur du ballon en attaque,  ou devant  en défense. A l’inverse de tous les autres sports de balle, où les joueurs s’étalent sur le terrain, le rugby présente ainsi les caractéristiques de la défense du pré-carré, et ressemble à sa façon à une guerre de tranchée. C’est Clochemerle sur gazon.

La mêlée évoque aussi les tranchées par son travail sous-terrain et l’abnégation qu’elle requiert jusqu’au sacrifice des oreilles, du front, les lèvres, des reins, des bras, des arcades sourcilières,etc...

Notre pays qui a payé cher le droit de son indépendance par de multiples guerres sur son propre territoire sait de quoi il retourne !

Les grandes offensives  des lignes arrières évoquent les charges napoléoniennes, les touches les combats dans les airs, fierté légitime des ailes françaises, les mauls les sombres pugilats médiévaux d'où sort une course vers l'en-but, aussi pure que la virginité de Jeanne d'Arc !...

Et puis, comme d’autres l’ont dit avec talent, chacun a sa place dans une équipe de rugby : les avants massifs, les demis petits , intelligents et astucieux, les trois-quarts agiles, rapides et adroits, l’arrière aux aguets. Et tout cela fait d’excellents joueurs de rugby français !

Et je n'évoque pas le style, ce french flair, cette inspiration subite, mélange d'opportunisme,  d'astuce, d’intelligence du jeu, et d'élégance  qui inspire la plus totale méfiance aux All-Blacks.

La victoire revient donc de manière irréfragable au coq gaulois.


Face à cela, la Nouvelle-Zélande fait pauvre figure. Certes, leurs ancêtres ont participé avec courage aux massacres européens du siècle dernier. Mais ce pays isolé et lointain n’a jamais été directement inquiété. Sa population est mélangée et importée,  peu habituée à considérer son sol comme sacré. Ils sont uniformément athlétiques et ignorent ce qu'est un cassoulet ou un pousse-rapière. De tels handicaps sont quasi-insurmontables. Il le savent et croient nécessaires pour tenter de vaincre de grimacer et trépigner ridiculement avant chaque rencontre. Mais cela ne trompe personne, le malaise est réel chez nos adversaires des antipodes. Les malheureux ont déjà compris le sort qui leur est réservé ce week-end.

J’ai interrogé cette nuit les mannes d’Antoine Blondin, Kléber Haedens, Roger Nimier, et Roger Couderc. Elles sont unanimes à confirmer mon présage : France 100, Nouvelle-Zélande 0.

Alors avec moi, pour conjurer une actualité déprimante,  et à l'approche du 11 novembre, veuillez hurler en chœur : allez les petits !